L'histoire du manga japonais

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Au Japon, un manga est une bande dessinée. En kanjis (écriture traditionnelle japonaise) le manga est représenté comme ceci : 漫画. Cela peut se traduire littéralement en français par bande dessinée. L'étymologie du mot est complexe. En effet, sur l’archipel, le mot manga peut se traduire littéralement par esquisse ou encore dessins non aboutis.

En décomposant ce terme, nous pouvons mieux en comprendre le sens. Il se compose de “Man” (漫) qui signifie divertissant, sans but ou encore exagérer. La seconde partie de ce mot à savoir “Ga” (画) peut se traduire par dessin, peinture ou n’importe quelle image dessinée. Ainsi le manga signifie  esquisse issue de la fantaisie ou encore dessin libre.

Le mot manga désigne en Occident toutes les œuvres qui respectent le savoir- faire nippon. On a tendance à assimiler, par erreur, à l’art manga de nombreuses œuvres issues d’autres pays ou d’autres cultures. De nos jours, la grande majorité des œuvres contemporaines ont pour inspiration les créations datant de la fin du 19 ème siècle.

Pourtant ce style littéraire, propre à l’archipel nippon, prend ses racines il y a bien longtemps. Retour sur un phénomène devenu mondiale : L’art du manga japonais. 

L’évolution du manga 

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Apparu à l’époque Nara, au alentour du VIIIème siècle, l’Emaki (絵巻) ou l’Emakimono (絵巻物) est un système de narration horizontale inspiré des rouleaux narratifs chinois.

Des textes calligraphiés et des peintures s’associaient, afin de créer un récit ou une histoire, que l’on découvrait au fur et à mesure du rouleau. Certains spécialistes associent également l’origine du manga au Choju-Giga (鳥獣戯画) que l’on peut traduire littéralement par caricature de la faune ou simplement caricature d’animaux.

À l’inverse des satires sociales de Jean de La Fontaine en France, les Choju-giga ne présentent pas de texte. Ce sont uniquement des dessins à l’encre. Le plus important dans ce type d'œuvre, ce sont donc les dessins, car l’essentiel de la narration est assuré par ces derniers. Cette priorité accordée aux images est de nos jours une des caractéristiques principales du l’art manga. 

Un peu plus tard, à l'époque Edo, deux courant littéraire se sont opposés. On vit alors deux principaux types de livre émergé à savoir : les livres à lire et les livres à regarder. En effet les estampes japonaises confectionnées à cette époque servaient à illustrer et sublimer les œuvres littéraires.

Cependant ce rapport de force s'est inversé, et, est apparu des livres à regarder avec la disparition progressive de toutes formes de texte. Progressivement le style de l’estampes s’est implanté dans l’art nippon et à pris une place à part dans les créations artistiques. Souvent regroupé sous le nom de Ukiyo-e (浮世絵), ce mouvement artistique japonais, typique de l’époque Edo, sera une source d’inspiration pour tous les auteurs japonais et artistes contemporains.

Il est, par ailleurs, inévitable de parler de l’art des estampes japonais sans parler du précurseur de la forme la plus fréquente d’Ukiyo-e (les estampes de paysages). En effet, Katsushika Hokusai (1760-1849) à donner son nom à un manga très connu : Hokusai manga. C’est un carnet de croquis, qui regroupe une nombre incalculable de dessins grotesque, caricature en tout genre et de dessins non aboutis, qu’il publia de 1814 à 1834, principalement dans la ville de Nagoya. 

Manga

Pendant la révolution de Meiji, à partir de 1868 environ, le Japon s’ouvre au monde. De nombreux bouleversements sociétaux s'opèrent et transforment en profondeur l’archipel. Avec l’ouverture du japon au commerce extérieur, moulte inventions fut importée dans le pays. La bicyclette par exemple était une invention inconnue du pays et se démocratisa à cette époque.

Les tenues et styles traditionnels furent peu à peu abandonnés pour laisser place à un style vestimentaire occidentalisé. Les kimonos et le hakama se sont vu changer de costume. Le chignon traditionnel japonais fut également abandonné au profit de coiffure plus occidentale. De nombreux occidentaux sont arrivés au Japon en enseignant les technologies de et savoir de l’époque.

On assiste donc à choc culturel qui va transformer l’archipel. Ces changements en profondeur impactent également le monde de l’art, et par conséquent l’art manga. Les dessins habituellement utilisés dans un cadre artistique ou littéraire, se retrouvent sous le feu des projecteurs et commencent à être utilisés dans le monde journalistique.

La presse papier séduit de plus en plus de japonais et en 1874 est créé le journal “shinbun nishikie”. C’est ce journal qui intégra en premier des estampes japonaises dans ses publications. Avec l’apparition de la presse papier, de nombreux journaux satiriques importés de Grande-Bretagne principalement, sont apparus dans le pays du soleil levant. Des enfants issus de l’aristocratie japonaise effectuent leurs études en Grande-Bretagne ou au USA et ramèneront avec eux lors de leurs retour au Japon, cette pratique de la caricature.

Des expatriés français et britannique comme Georges Ferdinand Bigot ou Charles Wirgman ont grandement influencé l’art manga. Leurs créations, principalement des caricatures, sont encore enseignées et prises pour exemple afin d’enseigner l’art de retranscrire des émotions à l’aide de croquis. Le manga prend source dans l’art de la caricature.

Cependant, comme vous l’aurez deviné ces caricatures sont fortement politisé ce qui n’est pas du goût des différents gouvernement nippon. Pendant toutes ces années l’art manga repose donc sur ces influences entre satires, dessins de presses et caricature. C’est après la Seconde Guerre Mondiale, que cet art prend le sens et la fonction qu’on lui prête de nos jours, à savoir le divertissement.Après la Seconde Guerre mondiale, une bonne partie est occupée par l'armée américaine. Les USA importent dans leurs valises, des idéaux, certaines pratiques culinaires mais surtout leurs culture, comme celle des comics. Les comics ou l’art du comics comme certains spécialiste l’aime le nommé est très présent au USA dans les années folle et se développent fortement avant, pendant et après la Seconde Guerre Mondiale.

Combattre l’oppresseur allemand et plus généralement les régimes dissidents, était l’un des arguments de départ lié à ce mouvement. Outre l’influence des comics, cette génération d'auteurs fut largement inspirée par l’occupation. Jeep, B29 et ville complètement rasée assurait leur quotidien. Et c’est à ce moment précis que l’histoire du manga japonais fût révolutionnée à jamais. Inspiré par le célèbre Walter Elias Disney, Osamu Tezuka changea l’histoire de cet art.

C’est en effet, Osamu qui introduit le mouvement dans la bande dessinée japonaise. A l’aide de traits ou d’onomatopées soulignant les actions ou les mouvements des différents protagonistes. Il utilise très régulièrement dans ses œuvres des changements d’angles, en alternant différents plans de cadrage à l’instar du cinéma.

Ces techniques révolutionnaires changent radicalement cet art, rompant avec la théâtralité des mises en scène de l’époque. Les personnages étaient très souvent représentés en pied, et figés au centre de l’image. C’est en cela, que cet homme fut élevé au rang de légende dans son pays natal. En 1947 parue “Shin-Takarajima” (新宝島) traduit en français par “La nouvelle île au trésor” marque le début du manga moderne. 

Osamu Tezuka, véritable pionnier du genre manga

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En 1963, après les croquis, dessins et œuvres révolutionnaires, Osamu Tezuka se consacre à la réalisation de manga animés, avec notamment la création d’un personnage très célèbre, Astro-Boy. Cela marque encore un tournant majeur dans l’histoire du manga japonais. Ce dessin animé traversa les frontières et devint célèbre dans le monde entier.

En France, les aventures de ce petit robot, très attachant, passionnent de nombreux enfants. Aujourd’hui, le succès d’un manga dépend en grande partie de sa version animée, qui rappelons le, a été mis en avant par le seul et unique Osamu Tezuka. Véritable pionnier, cet homme bouleversa le monde manga et ceux même après son décès. Au cours de sa vie, cet auteur cassa une énième fois les codes de cet art en explorant de nouveaux genres - jusque là très infantiles - et en invente des nouveaux.

De nos jours on retrouve aussi des mangas à destination des jeunes hommes (Shonen) qu'à destination des jeunes femmes (Shojo). Mais aussi des œuvres pour des adultes masculin (Seinen) ou féminin (josei). On retrouve également des ouvrages pour les homosexuels (Yaoi pour homme ou Yuri pour les femmes). Il y a même des manga pornographiques appelés Hentai.

Il est tout de même important de préciser que le rapport à la violence, au stéréotype de genre ou au sexe ne sont pas les mêmes qu’en Occident. La démocratisation du manga est un phénomène d’ampleur au Japon. C'est un art qui est présent dans toutes les strates de la société nippone.

Les dessins animés, appelés simplement "animés" ou “animes” dans le monde Otaku, jouent un rôle déterminant dans la popularisation d’un manga. De nos jours, les enfants et adolescents sont beaucoup plus réceptifs à l’audio-visuel qu’au format papier.

Lorsqu’on apprécie une histoire, des personnages ou un scénario, on a qu’une seule hâte c’est de le voir sur le petit ou grand écran. A l’instar des blockbusters, comme les Avengers, les mangas sont propulsés au cinéma ou sous forme de série dont les épisodes sont visionnés partout à travers le monde.

De nombreuses œuvres contemporaines n'auraient pas connu le même succès sans leurs adaptations audiovisuelles. Après le succès commercial des animés, il est important de faire part des petites (ou grandes) économie-parallèles créées autour d’un manga. Goodies, accessoires en tout genre, peluches kawaii, toutes ces petites créations font sensation au pays du soleil levant ou le moindre porte-clés à l'effigie du manga en vogue s’arrache à prix d’or. 

Le métier de mangaka

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Un mangaka est un dessinateur de bande dessinée japonaise. Certains mangaka comme Osamu Tezuka (Astro-Boy) Masashi Kishimoto (Naruto) Takeshi Obata (Death Note) Eiichiro Oda (One Piece) ou Akira Toriyama (Dragon Ball) sont des personnalités très célèbre au Japon et à travers le monde.

Les mangaka réalisent leurs œuvres principalement sous forme de publications hebdomadaire qui sont diffusées dans les célèbres magazines de prépublication de manga. Les parutions s'enchaînent à différents rythmes, souvent de 10 à 20 planches par semaine et sont compilées par la suite en recueil appelé Tankobon.

Les mangaka se partagent souvent les tâches à l’aide d'assistants ce qui leur permettent de se concentrer soit sur les dessins soit sur les scénarios afin de maximiser le rythme de parution. Les mangaka se déchargent des tâches les plus fastidieuses dans la création de manga comme les décors ou encore les personnages de second plan, en s’appuyant sur leurs assistants.

La carrière des mangaka commence généralement par le poste d’assistant. Par la suite, lorsque l’élève dépasse le maître, les assistants se lancent dans la création de leurs propres œuvres en recrutant à leur tour des assistants. Le fait de publier très rapidement un nombre limité de pages permet de réduire les coûts liés à l’impression.

Par ailleurs, cette méthode permet de faire évoluer les personnages en fonction des attentes des lecteurs. En effet, de nombreux mangaka modifient légèrement les traits de caractère des personnages en fonction des retours des lecteurs. Bien entendu, ils ne modifient pas fondamentalement l'œuvre mais cette méthode est assez spécifique à l’art manga.

En 2009 il y avait pas moins de 5300 mangaka qui ont eu la chance de relier leurs tomes. C’est comme une consécration dans ce milieu car si l’histoire ne plait pas la parution dans le célèbre weekly shônen jump s'arrête après quelques chapitres.

En comparaison, en Europe francophone seulement 1700 auteurs ont publié une bande dessinée. Ce qui représente 3 fois moins d'auteurs. Cela montre l'étendue et l’importance du phénomène manga dans la culture japonaise.

L’essor du manga en France

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Et en France, comment s’est déroulé l’essor du manga japonais ?
Eh bien, cette passion pour l’art nippon n’est pas nouvelle. En effet, l'Europe et la France se passionnent pour le continent asiatique depuis de nombreux siècles. De nombreuses personnes ayant réalisé des voyages en extrême Orient décrivent la culture dans des ouvrages très en vogue chez l'aristocratie et la bourgeoisie de l’époque.

Par la suite l’engouement s’est tourné vers l’art. Poterie, peinture, sculpture et architecture ont investi les grandes capitales européennes. Plus tard, entre les années 80 et 90 l’arrivée des premiers manga sous forme de dessins animés révolutionne le paysage audiovisuel européen. “Cat’s eyes”, “Nicky Larson”, “Les Chevaliers du Zodiaque” ou encore le manga franco japonais “Les Cités d’or” rencontrent un franc succès dans l’hexagone.

Mais il faudra attendre la fin des années 90 et le début des années 2000 pour voir ce style entrer définitivement dans la culture française. En effet, les oeuvres comme Captain Tsubasa (Olive et Tom), Dragon Ball et les films d’animation de Miyazaki (“princesse mononoké”, “porco rosso”, “le voyage de chihiro”) contribuent fortement à populariser cet art dans en France.

“Naruto”, “Bleach” et “One Piece” deviennent de véritables catalyseurs, de ce phénomène qui ne cesse de prendre de l’ampleur tant en nombre de vente qu’en nombre de téléspectateurs. Grâce à des maisons d'édition comme Kana ou Glénat les jeunes français peuvent retrouver chez les marchands de journaux ou en grande surface les aventures de leurs héros préférés.

Le succès du manga en France repose sur la qualité des animes diffusés sur les chaînes publiques françaises mais également sur la différence entre une bande dessinée française et un manga japonais. En effet, les BD sont perçues comme vétustes, figées tandis qu’un manga bien qu’il soit réalisé sur un format papier est bien plus dynamique.

De plus le nombre d'œuvres étant bien supérieur et bien plus varié font que les jeunes français trouvent plus facilement chaussures à leurs pieds. Nous avons selectionné pour vous le classement des meilleurs mangas de tous les temps selon nous...


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