L'art japonais, son origine et son évolution

Un mur blanc, une vague bleue qui se cabre, un mont Fuji minuscule au fond. La Grande Vague de Kanagawa tient dans un cadre de trente centimètres et raconte pourtant mille ans d'art japonais.

L'histoire de l'art japonais se lit en cinq temps forts : la nature sacrée du shintō, l'art des samouraïs, les estampes ukiyo-e de l'ère Edo, les textiles et l'ouverture de l'ère Meiji, puis l'architecture et l'art contemporain porté par des artistes comme Takashi Murakami.

Ces cinq étapes expliquent aussi pourquoi un même motif revient partout : sur une estampe, sur un kimono, sur un masque, sur un mur de salon.

Au programme :

  • Les origines de l'art japonais
  • L'art des samouraïs
  • Les estampes ukiyo-e
  • Les œuvres japonaises de l'ère Meiji
  • L'art moderne japonais

L'essentiel

  • Avant le bouddhisme, le shintoïsme fait de la nature un sujet sacré : un paysage peint est un portrait de divinités, les kami.
  • Le style yamato-e (images japonaises) naît du remplacement progressif des motifs chinois par la faune et la flore locales.
  • Les samouraïs étaient formés aux arts autant qu'au combat : calligraphie, armures, masques laqués faits main.
  • L'ukiyo-e, ou images du monde flottant, est une gravure sur bois produite à quatre mains : éditeur, graveur, imprimeur, artiste.
  • L'art japonais actuel garde le même fil : le respect de la matière, de la lumière et du vide, du papier washi au béton de Tadao Ando.

1. L'art japonais : origines

La nature, et plus particulièrement les montagnes, est un sujet de prédilection de la culture japonaise. Avant l'arrivée du bouddhisme venu de Chine, la religion pratiquée au Japon était le shintō. Ses pratiquants ont un profond respect pour les kami (divinités). Ils les voyaient vivre dans les forêts, les arbres, les rivières, les rochers et les montagnes.

Art Japonais

Au Japon, la nature n'est donc pas un sujet laïque. L'image d'une scène naturelle n'est pas un simple paysage : c'est un portrait du monde sacré et des kami qui l'habitent. Cette place de la nature traverse toute l'histoire de l'art nippon et tient encore aujourd'hui.

Cette peinture méticuleuse de l'ère Heian (794-1185) est la plus ancienne sérigraphie japonaise connue. Une forme d'art développée par des prédécesseurs chinois, et toujours vivante. Le style est typiquement chinois, mais le paysage est japonais. Selon les sources, l'artiste n'aurait peut-être jamais mis les pieds en Chine.

Kyoto National Museum

Le style yamato-e (littéralement images japonaises) naît du remplacement progressif des motifs et symboles calligraphiques chinois par des variétés locales. Les oiseaux japonais à longue queue, comme la grue, prennent la place du phénix chinois omniprésent.

japon-art

Les arbres et les fleurs du pays remplacent eux aussi les espèces étrangères peu familières. Un animal revient souvent dans l'art japonais : le kitsune (狐), le renard. Il tient un rôle important dans le folklore, et son masque se porte encore pendant les festivals.

Notre collection de masques japonais reprend ces figures du folklore, du renard rusé à l'oni, le démon des contes. Chaque pièce est travaillée à la main par des artisans, donc aucune n'est tout à fait identique à une autre.

À mesure que les liens directs avec la Chine se desserrent pendant la période Heian, la culture du Japon et le style yamato-e s'affirment.

Le zen, vision philosophique et forme de méditation venue de Chine, s'ancre alors dans plusieurs formes d'art. Les moines zen se passionnent pour la peinture à l'encre, le sumi-e, qui met au centre la simplicité et l'espace vide. L'un des grands maîtres du genre est Sesshū Tōyō (1420-1506). Il peint ici une vue aérienne du paysage côtier japonais. Le sumi-e reste l'une des formes d'art japonaises les plus pratiquées.

Ama No Hasidate

Rien n'est peut-être aussi spectaculaire que le mont Fuji. La forme conique du volcan endormi et la menace réelle de ses colères en font une entité vénérée et peinte depuis des siècles.

Sesshu Toyo

La Grande Vague de Kanagawa de Katsushika Hokusai (1760-1849) est l'une des œuvres les plus connues du Japon. Ce n'est pas un hasard si cette estampe gravée sur bois est tant appréciée : son sujet est la puissance de la nature.

2. L'Art du samouraï

Samourai Art

On associe volontiers le Japon aux guerriers samouraïs. Beaucoup ignorent que ces combattants étaient aussi formés aux autres arts, et pas seulement à celui du combat.

Les samouraïs, aussi appelés bushi, formaient la classe guerrière du Japon prémoderne. Leur apogée se situe pendant la période Edo (1603-1868). Ils menaient leur vie selon un code d'éthique élaboré, le bushidō (la voie du guerrier).

Caste la plus élevée de la hiérarchie sociale, les samouraïs devaient être cultivés et savoir écrire, en plus de s'entraîner au combat. Ils servaient la riche noblesse, très attachée aux activités artistiques.

femme samourai

Des femmes appartenaient aussi à la classe des samouraïs. Elles étaient le plus souvent les conjointes des guerriers, mais pouvaient s'entraîner et combattre. On les appelait onna-bugeisha. Elles prenaient généralement les armes en cas de besoin, par exemple pour défendre leur foyer en temps de guerre.

L'une d'elles était Tomoe Gozen, onna-bugeisha immortalisée dans le Dit des Heike. Selon l'épopée, elle était belle et puissante, dotée de la force de plusieurs hommes. Son existence historique reste discutée, mais son courage a inspiré des générations de guerriers. Son histoire a nourri d'innombrables pièces de kabuki et de peintures ukiyo-e.

katana-samourai

L'art du samouraï comprend aussi la conception et la fabrication des armures et des armes. Les épées de samouraï, outil principal et symbole du bushi, restent réputées pour leur finition.

Les katanas étaient solides mais souples, avec une lame d'acier courbe à un seul tranchant.

Les masques des samouraïs étaient tout aussi travaillés. Des artisans les façonnaient à la main, avec de la laque pour protéger des intempéries et du cuir, parfois de la soie, pour le confort. Chez Shogun Japon, nous avons remis le port du masque au goût du jour, dans la lignée des masques de scène du théâtre nō.

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3. Ère Edo : les estampes Ukiyo-e

Geisha Art

L'ère Edo (1603-1868) a connu une longue période de stabilité. La société d'Edo était en plein essor et les villes se sont développées à une échelle inédite. Les classes sociales se définissaient à la naissance. Au sommet, les samouraïs au service du gouvernement Tokugawa, puis les fermiers et les artisans, enfin les marchands.

Économiquement, ce sont pourtant les commerçants qui en profitaient le plus, grâce à leur rôle de distributeurs et de fournisseurs de services. Avec les artisans, on les appelait chōnin (les gens des villes).

Avec cette prospérité, les marchandises circulent et les ateliers se multiplient, en particulier pour les estampes sur bois : l'ukiyo-e.

Tableau Japonais

Ukiyo-e signifie littéralement images du monde flottant.

Les techniques d'impression font alors un vrai bond. La production des gravures sur bois reposait sur ce qu'on appelle le quatuor ukiyo-e : l'éditeur, qui dirigeait l'entreprise, le graveur, l'imprimeur et l'artiste. Dès les années 1740, les estampes d'art ukiyo-e sortaient déjà en couleurs vives. Autre caractéristique : le matériau, et notamment le papier japonais washi.

Decoration Japonaise

L'un des buts de l'ukiyo-e était de refléter le style de vie élégant des citadins d'Edo. Les marchands étaient limités par la loi et par leur statut social. Ceux qui en avaient les moyens consacraient donc leur temps au plaisir et au luxe, comme dans le quartier de Yoshiwara. Ce lieu a inspiré de nombreuses estampes érotiques.

Yoshiwara était plus qu'un quartier de maisons closes : c'était un centre culturel pour les hommes riches et en vue de l'ère Edo. Les estampes montrent cette fascination, chez ceux qui le fréquentaient comme chez ceux qui le regardaient de l'extérieur.

Peinture Japonaise

Les courtisanes de Yoshiwara étaient représentées avec soin. Leur kimono (着物), leurs coiffures et leur maquillage traditionnels étaient mis en scène dans le moindre détail.

Ces estampes, peu coûteuses et largement diffusées, ont fait de ces femmes des vedettes locales.

Difficile de ne pas vous montrer notre collection de tableaux japonais inspirés de l'art ukiyo-e. De quoi donner à un salon ou à une entrée un air d'ère féodale.

Ces estampes de courtisanes s'appelaient bijinga, soit peintures de belles femmes. L'artiste ukiyo-e le plus célèbre du genre est sans doute Kitagawa Utamaro.

Estampe Japonaise

Le théâtre kabuki était un autre sujet très demandé, sous la forme des yakusha-e (portraits d'acteurs). On reproduisait les visages des acteurs vedettes, et les tableaux japonais détaillaient les scènes de spectacle avec précision. Ces acteurs apparaissent parfois avec des masques nō. Pour en savoir plus sur le théâtre japonais, consultez notre article consacré à cet art traditionnel.

4. Art traditionnel japonais : la splendeur de la période Meiji

Les ères Meiji et Taishō (1868-1926) marquent un tournant dans l'histoire du Japon. Sous la direction de l'empereur Meiji, le pays se transforme sans arrêt.

Dans les arts, les développements techniques et stylistiques se multiplient, portés notamment par l'engagement de l'empereur pour les expositions nationales et internationales.

art meiji

C'est dans le textile que les méthodes de production japonaises se modernisent d'abord. Dans les années 1860, le quartier de Nishijin à Kyoto, premier centre de l'industrie du kimono, envoie des délégués en Europe. Objectif : se renseigner sur le métier à tisser Jacquard.

Yukata japonais

Les tissus tissés dans ce quartier portent le nom de Nishijin-ori. Ils mettent en vedette des soies teintes vibrantes, entrelacées de fils d'or et d'argent, pour des motifs complexes. Le Nishijin-ori ne sert pas qu'aux kimonos et aux obi (les larges ceintures de kimono). Il habille aussi les chars de fête, les costumes et les masques nō.

Le tissage de la soie avait été introduit à Kyoto bien plus tôt, par une famille venue de Chine entre le Ve et le VIe siècle, qui en enseigna l'art aux habitants.

Tissage Japonais

La vie de cour réclamait des vêtements flamboyants et de haute qualité. Un bureau spécial fut créé pour la fabrication textile destinée à la cour. À la fin de la période Heian (794-1185), quand la cour impériale atteint son apogée, la production de tissus commandés par la cour finit pourtant par diminuer.

Le Nishijin-ori continue alors comme industrie privée et prospère par ses propres moyens. La période d'Edo, paisible et prospère, fut son âge d'or. Mais après la Restauration Meiji de 1868, les fabricants perdent le soutien des seigneurs féodaux à cause de la réforme gouvernementale. Sans shogun ni samouraïs pour les commander, ils se retrouvent au bord de l'extinction.

Aujourd'hui, une autre forme de vêtement japonais occupe le terrain : le streetwear. Véritable phénomène de mode, il mélange kimonos, yukatas (着物 d'été en coton léger), geta (下駄, sandales à semelle de bois), zori et t-shirts japonais avec les pièces minimalistes européennes.

5. L'art de l'architecture japonaise

L'architecture japonaise vit d'oppositions, entre l'immensité du palais impérial de Tokyo et l'intimité de la maison de thé traditionnelle. L'architecture résidentielle de la période Edo, dont de nombreux exemples subsistent, est celle qu'on reconnaît le plus volontiers comme japonaise.

Le Japon abrite certains des plus anciens bâtiments en bois du monde. Le bois domine largement dans les habitations.

Cette approche est à la fois spirituelle et pratique. À cause des séismes et des typhons fréquents, les constructeurs ont privilégié un matériau qui résiste à la poussée et à la traction. Contrairement aux maisons occidentales, les structures japonaises en bois n'étaient jamais repeintes : laisser le grain visible, c'est montrer du respect pour sa valeur naturelle. On tient là une idée très proche du wabi-sabi, cette beauté du simple et de l'imparfait qui guide notre sélection.

Un élément de la maison traditionnelle reste très apprécié : le sol en tatami. Historiquement, les familles aisées s'offraient des tatamis tissés serré en jonc, les plus modestes des nattes de paille.

Comme le savent tous les visiteurs, on retire ses chaussures avant de marcher sur un tatami, et plus largement avant d'entrer dans une maison japonaise, quel que soit le sol. Le tatami convient au climat humide du Japon : il absorbe l'eau présente dans l'air, qui s'évapore ensuite par temps sec.

La fine armature en bois ou en bambou des shoji, ces panneaux coulissants qui séparent les pièces, est à la fois fonctionnelle et artistique. Leur élégance vient de la lumière qui traverse le papier translucide (washi) et dessine des ombres douces dans la maison.

Certains shoji sont peints, d'autres gardent leur façade blanche traditionnelle. Vous pouvez aussi vous pencher sur le travail du bois très élaboré du kumiko, cet assemblage de baguettes utilisé pour les fabriquer.

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Vue de l'extérieur, une maison japonaise de l'ère Edo est généralement surélevée par rapport au sol, pour éviter les dégâts de la pluie.

Autre particularité : au lieu de clous, les charpentes utilisaient un système de blocs de soutien appelé tokyō, où les pièces s'emboîtent.

L'extérieur de la maison traditionnelle est bordé d'une véranda en forme de porche, l'engawa. Elle fait partie de la maison, tout en servant de pont entre l'intérieur et l'extérieur.

La relation entre shoji et engawa est poétique et ludique. Shoji et fusuma gardent le rôle d'ouvrir et de fermer la maison à la lumière, aux ombres et à l'air. Dans les jardins de Hamarikyū à Tokyo, l'engawa de la maison de thé joue pleinement ce rôle de seuil.

Un détour par les bâtiments résistants au feu appelés kura-zukuri, dans le quartier de Kawagoe, ramène à l'époque d'Edo. Surnommée le Petit Edo, Kawagoe était réputée pour la prospérité de son commerce.

La ville a subi des incendies dévastateurs dans les années 1800. D'où sa reconstruction avec des entrepôts aux murs d'argile, pour limiter de nouveaux dégâts.

Les fermes gassho-zukuri de Shirakawa-go sont d'excellents exemples d'architecture traditionnelle japonaise. Le nom se traduit par construit comme des mains en prière : un style à toit de chaume conçu pour supporter de fortes chutes de neige.

La charpente en A dégage un vaste grenier, utilisé pour l'élevage des vers à soie. Ces fermes, réparties de Gifu à la préfecture de Toyama, sont classées au patrimoine mondial de l'UNESCO et figurent parmi les plus beaux villages à voir sous la neige.

Après la sobriété austère des jardins de la période Momoyama, la période Edo apporte un sens de l'extravagance pour les classes supérieures.

Les jardins pensés pour de longues promenades, voire pour la méditation, mêlaient collines artificielles, étangs et abondance de plantes et de bambous. Conçus d'abord pour les résidences privées des seigneurs féodaux, ils passent du privé au public pendant la période Meiji. La villa impériale Katsura, à Kyoto, en donne un bon exemple.

Un jardin pensé pour observer l'espace, pas pour l'habiter. Si le sujet vous intéresse, jetez un œil à nos recommandations de voyage pour découvrir la beauté des jardins japonais, à Tokyo comme ailleurs.

6. L'art japonais de l'architecture moderne

Le mouvement architectural d'après-guerre, nommé Métabolisme, voulait insuffler au cœur de la ville des structures vivantes, presque biologiques, capables d'évoluer avec ses habitants. C'était une réponse à l'exode vers les centres urbains et à la richesse croissante du Japon pendant l'ère de la bulle.

L'une de ses créations les plus célèbres est la Nakagin Capsule Tower, à Ginza, signée Kisho Kurokawa en 1972 et photographiée notamment par Tom Blachford dans sa série Nihon Noir. Cet immeuble d'appartements était composé de petites cellules meublées amovibles, installées et raccordées une par une. Le design se voulait moderne, presque futuriste, en répondant aux besoins pratiques du salarié solitaire de l'époque.

Le plus remarquable dans ce mouvement était son intention d'anticiper des besoins encore inconnus. Devenue un lieu de pèlerinage pour les artistes, les architectes et les passants curieux, la tour a fini par souffrir de son état de délabrement. Son démontage a commencé en 2022 et le bâtiment a disparu du quartier. Plusieurs capsules ont été conservées et restaurées pour des musées et des expositions.

Dans le même esprit d'espoir, l'architecte japonais Kenzō Tange a conçu le parc du mémorial de la paix de Hiroshima. Le parc a été construit peu après la Seconde Guerre mondiale et l'occupation américaine, achevée en 1952. Sa conception porte donc les émotions complexes liées à l'influence occidentale, au nationalisme et à la volonté de garder des éléments de l'architecture traditionnelle.

Ce qui était au départ un projet censé représenter le moderne et l'international devient chez Tange une appréciation simultanée de la tradition nippone. Il en tire une nouvelle façon de concevoir, où le design japonais se distingue de l'influence occidentale.

L'architecture japonaise contemporaine se lit aussi dans la Médiathèque de Sendai de Toyo Ito, construite en 2001, photographiée ici par Naoya Hatakeyama. Cette structure illustre l'évolution vers la liberté d'expression. Son ossature ouverte et ses tubes centraux invitent la communauté dans l'espace, et l'espace dans la communauté. "Tout a commencé par l'image de quelque chose flottant dans un aquarium", déclare Toyo Ito dans un entretien filmé par Richard Copans.

Le bâtiment écologique accueille une galerie, un cinéma, des bibliothèques, un café. Fidèle à l'esthétique japonaise, l'espace change avec la lumière des saisons, les arbres de la rue restant visibles depuis plusieurs points de vue à l'intérieur.

Parmi les architectes japonais contemporains les plus connus, Tadao Ando occupe une place à part. Réputé pour ses expériences avec le béton et pour des projets qui questionnent notre façon d'occuper un espace, il fait partie des artistes qui ont aidé l'île de Naoshima à sortir du déclin démographique dans les années 1980. Son Benesse House Museum joue avec la relation entre architecture, nature et art.

Ando est un architecte autodidacte, que l'on peut lire comme un auteur. Comme en écho à l'essai de Jun'ichirō Tanizaki, Éloge de l'ombre, ses projets jouent avec les ombres, la lumière et les motifs. Il dit que son travail reflète les "relations intimes entre la matière et la forme, et entre le volume et la vie humaine". Pour mieux cerner son œuvre, repérez les dix bâtiments d'Ando les plus emblématiques à visiter.

Dans l'esprit de la simplicité et de la vie en communauté, Ryue Nishizawa a conçu la Moriyama House, achevée en 2005. Cette maison est une représentation presque métaphysique du lien entre un habitant et sa communauté, de la coexistence avec soi et avec les autres. Concevoir une maison pour un client reste un exercice personnel et sensible, ce qui rend le rôle de l'architecte stimulant.

Comment concevoir en répondant, ou en anticipant, les besoins d'un être humain ? À Moriyama, Nishizawa a dessiné des maisons séparées, à angle droit, des volumes qu'il a disposés en un seul groupe. Certaines unités abritent une pièce à fonction unique, d'autres forment de véritables mini-maisons. Moriyama loue lui-même ces mini-maisons, et une petite communauté est née de ce minimalisme japonais, qui brouille la frontière entre privé et public, partagé et séparé.

Autre figure majeure de ce moment architectural, Kengo Kuma entretient un rapport étroit à la nature dans la plupart de ses projets. En tant qu'architecte, il fait le pont entre le concepteur et l'artisan, en se concentrant sur le matériau et sur la façon dont il est travaillé. Son essai, Studies in Organic, parle justement de cette relation entre artisan et architecte.

En réinterprétant l'architecture traditionnelle, il applique des éléments de la nature à un monde moderne et crée des structures durables. Dans sa rénovation du Fujiya Ryokan, on voit comment un bâtiment centenaire a été soigné et affiné. D'apparence simple au premier regard, ses dessins révèlent à l'observation une compréhension plus profonde du geste d'artisan. C'est le kaizen appliqué au bâti : l'amélioration continue, petit pas par petit pas.

7. Avenir de l'art japonais

L'art contemporain japonais du XXIe siècle reflète l'émergence des talents de l'archipel, créatifs dans les matières employées comme dans les expérimentations. Les artistes passent vite d'un média à l'autre. Il n'est pas rare de voir un auteur de manga s'essayer à la mode, et l'inverse. Ces créateurs cassent les cadres par leur vision, que ce soit dans le manga ou ailleurs.

Manga Japonais Anime

Dans un autre registre, l'artiste Takashi Murakami brouille lui aussi les codes du moderne et du contemporain. Chaque œuvre, chaque exposition surprend son public, et il aime cela. Son exposition au château de Versailles, en 2010, en est une bonne illustration : il y mêlait art très traditionnel et pop culture. Ces influences hybrides en font l'un des artistes nippons les plus discutés.

Takashi Murakami Versailles

Masayo Fukuda, de son côté, pousse très loin l'art du kirie, le découpage japonais du papier. À partir d'une seule feuille de washi, comme pour l'origami, elle a sculpté une créature marine d'une finesse rare, qui semble prendre vie entre les mains. La vidéo ci-dessous en dit plus que n'importe quelle description.

FAQ

Quelle différence entre une estampe ukiyo-e ancienne et une reproduction ?

Une estampe ancienne est un tirage d'époque, imprimé à partir de planches de bois gravées, et se négocie chez des spécialistes. Une reproduction reprend le même visuel par impression moderne, souvent sur toile ou sur papier épais. Pour décorer un mur, la reproduction fait très bien le travail : c'est le motif et la composition qui portent l'émotion.

Quel tableau japonais choisir pour un salon ?

Partez du mur, pas du motif. Pour un grand mur dégagé, un paysage de type Grande Vague ou mont Fuji en format large crée un point de fuite. Pour un couloir ou une entrée, je conseille plutôt deux ou trois formats verticaux de la même famille, ce qui donne un rythme sans surcharger.

Comment entretenir une estampe, un masque ou une lanterne en papier ?

Le papier washi et la laque craignent le soleil direct et l'humidité. Dépoussiérez avec un pinceau doux ou un chiffon sec, jamais avec un produit. Pour un masque laqué, un chiffon microfibre légèrement humide suffit, puis séchage immédiat.

Les masques nō servent-ils seulement à la décoration ?

Les deux usages fonctionnent. Accroché, un masque devient un objet fort au-dessus d'une console ou d'une étagère. Porté, il complète une tenue de festival, de convention ou de cosplay : vérifiez simplement le champ de vision et la sangle avant de l'emmener une soirée entière.

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