Fundoshi : tout savoir sur le sous-vêtement traditionnel japonais

Un matin de juillet à Hakata, des milliers d'hommes avancent dans la rue, épaules nues, une simple bande de coton blanc nouée aux hanches. Ce bout de tissu s'appelle un fundoshi (褌).

Le fundoshi est le sous-vêtement traditionnel japonais : une longue pièce de tissu, sans couture ni élastique, que l'on enroule et noue autour de la taille et de l'entrejambe. Il en existe plusieurs formes, de la plus couvrante à la plus proche du string, et il se porte aujourd'hui aussi bien comme sous-vêtement que comme tenue de festival.

N'en déplaise à certains, le slip ne remporte pas les suffrages partout. Le Japon n'a jamais complètement délaissé son sous-vêtement masculin traditionnel.

Il était très courant au début des années 1900. Son usage a fortement diminué après la Seconde Guerre mondiale. Mais le Japon est une terre qui allie tradition et modernité comme nulle autre, et les hommes ont continué à le porter en diverses circonstances.

On le dit agréable, confortable, et capable de s'adapter à toutes les morphologies. Le fundoshi revient ainsi sur le devant de la scène, et il ne manque pas d'arguments.

L'essentiel

  • Le fundoshi (褌) est un sous-vêtement japonais en tissu non cousu, qui signifie littéralement « pagne ».
  • Cinq formes principales se partagent l'usage : etchū, rokushaku, mokko, kuroneko et wari.
  • Le rokushaku mesure environ 180 cm de long et se porte torsadé, avec un effet string.
  • Lors des matsuri (祭り), fêtes traditionnelles, le fundoshi devient un vêtement de fête et non un dessous.
  • Les femmes portent aujourd'hui leurs propres modèles, souvent dérivés de l'etchū.

Les différents types de Fundoshi

Avant de distinguer une forme d'une autre, résumons ce qu'est un fundoshi et d'où il vient.

Dans sa traduction littérale, « fundoshi » signifie « pagne ». C'était un sous-vêtement masculin très porté au pays du soleil levant jusqu'à l'arrivée des troupes américaines, à la fin de la Seconde Guerre mondiale.

Il s'agit d'un textile dont la taille varie selon le type. Coton, chanvre ou soie : des matières choisies pour limiter la transpiration. Traditionnellement, il n'a ni couture ni élastique. Il couvre l'entrejambe tout en restant respirant.

Pour un premier essai, je conseille toujours un modèle en coton plutôt qu'en soie : la matière accroche mieux et le nœud tient sans glisser.

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Rangé dans les armoires une bonne partie de l'année, le fundoshi ressort pour les fêtes traditionnelles japonaises. Pour l'occasion, il n'est plus considéré comme un sous-vêtement, mais comme un vêtement de fête.

Ses adeptes œuvrent à lui redonner ses lettres de noblesse. Voyons à présent les types les plus courants.

Etchū Fundoshi

L'etchū fundoshi est la forme simplifiée du fundoshi. Originaire de la ville de Toyama, celui qu'on appelait aussi le sous-vêtement du samouraï est devenu très courant au début du 20ᵉ siècle.

Il s'est répandu au point de devenir très populaire durant la Seconde Guerre mondiale, avant de céder la place à l'influence occidentale et aux nouveaux sous-vêtements pour hommes : slip kangourou, caleçon, boxer.

Il est constitué d'un tissu en coton ou en lin d'environ 34 cm de large pour 100 cm de long. Il se maintient à la taille grâce à une bande de tissu semblable à une ficelle. La partie avant pend à la manière d'un tablier.

Rokushaku Fundoshi

yakuza japonais portant un Rokushaku Fundoshi

Le rokushaku fundoshi est la première forme de fundoshi traditionnel, et sans doute la plus identifiable. Ce qui le définit par rapport aux autres, c'est sa longueur.

« Rokushaku » signifie « six shaku », soit environ 180 cm, même si certains modèles atteignent 300 cm. Le shaku est une unité de mesure japonaise proche du pied anglais, d'environ 30,30 cm.

Il se présente donc comme un tissu en coton long de six shaku et large d'un shaku. Il se porte torsadé et enfilé de façon à donner un effet string. On le voit aussi bien en maillot de bain que lors des festivals traditionnels.

Il est par ailleurs considéré comme un vêtement national japonais, ce qui explique sa présence lors d'évènements nationaux ou sportifs comme la natation.

Mokko Fundoshi

Le mokko fundoshi est la forme la plus moderne. Ses dimensions sont plus courtes : un tissu de 70 cm de long pour 34 cm de large.

Son nom signifie « pagne de panier de paille ». Il vient de sa forme, qui rappelle les paniers utilisés traditionnellement dans la construction. Il se distingue aussi des deux précédents par l'absence de tablier à l'avant.

Fait intéressant, le mokko se décline sous deux formes :

  • originale : découvre les cuisses et les hanches
  • t mokko : identique à l'originale, mais découvre en plus les fesses

Son port est très simple. Il suffit de l'enfiler comme un slip, puis de l'attacher sur le côté.

Kuroneko Fundoshi

Sous vêtement japonais kuroneko fundoshi qui ressemble aussi à un string gay

Le monde des fundoshi est peuplé de variantes, parfois déclinées en d'autres variantes. C'est le cas du kuroneko fundoshi. Il s'agit d'un mokko fundoshi dont la partie arrière est taillée pour donner une forme de string.

Comme le rokushaku, il servait de maillot de bain. Le kuroneko était surtout destiné aux cours de natation des enfants, jusque dans les années 1950.

Wari Fundoshi

Hybride entre le rokushaku et l'etchū, le wari fundoshi se distingue par une fente dans la longueur. Elle part d'une extrémité et mesure environ 50 à 60 cm. Les deux pans ainsi obtenus s'enroulent autour de la taille.

On l'appelle également rokkoshi fundoshi. Il était porté par les busho et les daimyo, commandants militaires et seigneurs japonais, durant la période Edo.

Fundoshi pour les femmes

Impossible de refermer cette sélection sans aborder les fundoshi pour femmes. Historiquement, on les classe parmi les sous-vêtements masculins, mais la mode a fait bouger les lignes. Les femmes disposent désormais de leurs propres modèles.

La forme la plus répandue est proche de l'etchū fundoshi, pour la liberté de mouvement qu'elle offre. Les variantes ne manquent pas : motifs imprimés, coloris différents, matières variées.

Certaines formes restent réservées à un usage précis. Le mawashi appartient à la lutte sumo. Le shimekomi, lui, se porte du côté de Fukuoka, durant le festival du quartier d'Hakata.

Si vous vous demandez comment mettre un fundoshi, les tutoriels vidéo en version etchū fundoshi sont les plus clairs pour débuter. Le principe reste proche pour les autres types.

Où trouver et acheter des Fundoshi ?

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La modernité a pris le dessus sur la tradition, mais on croise encore des fundoshi en public. Lors du festival d'été de Fukuoka cité plus haut, par exemple, qui se déroule dans le quartier de Hakata.

Autre exemple en février, à Okayama : le Hadaka Matsuri du temple Saidai-ji réunit des milliers de participants en fundoshi. D'autres évènements de ce type, les matsuri (祭り), ponctuent l'année japonaise et font la part belle aux traditions. On peut évidemment s'en procurer à ces occasions.

C'est d'ailleurs cette superposition que je préfère pour une convention ou un festival d'été : le tissu blanc sous une pièce sombre, et la silhouette est posée.

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Plus classiques, des boutiques ont pignon sur rue à Okinawa, à Tokyo et dans les principales villes du pays.

Sans prendre l'avion, il reste les boutiques en ligne. C'est le moyen le plus simple de s'en procurer un en France. Attention à la correspondance des tailles : les tailles japonaises taillent nettement plus petit que les tailles européennes, et un fundoshi trop court se dénoue. Les collections de vêtement japonais homme précisent en général les mesures à plat, ce qui évite les mauvaises surprises.

Envie de porter un Fundoshi ?

Vous connaissez maintenant le sous-vêtement que les Japonais portaient avant l'arrivée des tenues modernes. Vous savez aussi qu'il existe sous plusieurs déclinaisons, et que les femmes ont désormais les leurs.

Vous avez également quelques pistes pour en acquérir un et apprendre à le nouer.

Le fundoshi illustre bien le wabi-sabi, ce goût japonais pour la beauté des choses simples et imparfaites : un rectangle de coton, un nœud, rien de plus. Si cette approche vous parle, le reste du vêtement japonais traditionnel mérite le détour.

FAQ

Qu'est-ce qu'un fundoshi exactement ?

C'est le sous-vêtement traditionnel japonais, formé d'une bande de tissu rectangulaire, le plus souvent en coton. Il se noue autour de la taille et passe entre les jambes, sans couture ni élastique. Son nom signifie « pagne » en français.

Comment choisir sa taille quand on est européen ?

Fiez-vous aux mesures en centimètres plutôt qu'aux lettres S, M ou L : les tailles japonaises sont bien plus petites que les nôtres. Pour un rokushaku, comptez au minimum 180 cm de longueur, et davantage si vous avez un tour de taille au-delà de 95 cm. Un etchū standard fait environ 100 cm de long sur 34 cm de large.

Une femme peut-elle porter un fundoshi ?

Oui, et les modèles féminins existent dans de nombreux motifs et coloris. La coupe la plus courante s'inspire de l'etchū, pour la liberté de mouvement. Côté matière, le coton reste le plus facile à vivre au quotidien.

Comment l'entretenir ?

Un lavage en machine à 30 degrés suffit pour le coton, sans adoucissant, qui casse l'absorption du tissu. Séchez à l'air libre et repassez à plat si vous voulez un nœud net. Le tissu s'assouplit au fil des lavages, c'est le kaizen appliqué au linge : une pièce qui s'améliore avec le temps et l'usage.

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